La Chute de Rome, Fin d’une civilisation – Bryan Ward-Perkins

3 juillet 2018

Bryan Ward-Perkins est un archéologue et historien britannique enseignant à l’université d’Oxford.

Spécialiste de la fin de l’Empire et du haut moyen-âge, il aborde dans cet ouvrage d’Histoire la Chute de Rome.

Ward-Perkins insiste dès le début sur le fait que son livre est une réaction à la pensée de certains historiens actuels estimant que la chute de l’Empire romain et les invasions barbares se soient finalement déroulées en bonne entente entre les peuples et d’une manière presque sympathique.

Bien au contraire et preuves archéologiques, documentaires et scientifiques à l’appui, il montre bien que cette période fut particulièrement difficile pour ses contemporains. Même si l’on ne sait pas tout de l’époque, même si certains accords purent se faire, l’essentiel des invasions étaient brutales, le pouvoir passa aux mains barbares qui s’approprièrent des biens. La conséquence fut un fort retour en arrière technique qui ramena la civilisation au niveau de l’âge du fer, c’est-à-dire avant le début de la période antique romaine.

L’auteur évoque pour l’effondrement de l’Empire romain d’occident, un phénomène se nourrissant lui-même, les invasions barbares sapant la confiance en l’autorité de l’Empire, entraînant des révoltes pour établir un pouvoir plus fort, suscitant la création de bagaudes, des bandes armées et organisées de citoyens, provoquant les autorités impériales à placer des populations barbares pour contrôler les zones en rébellion, barbares qui eux-mêmes profiteront de leur force militaire et gagneront ainsi de plus en plus de terrain.

En fin d’ouvrage, Bryan Ward-Perkins, explique davantage sa pensée, et revient sur la notion d’antiquité tardive. Il laisse entendre que les velléités modernes de construire l’Europe participent à cette vision de l’Histoire où l’on intègre gentiment les barbares.

Tout en donnant une définition du terme de civilisation, terme remis en cause aujourd’hui, il s’inquiète qu’une trop grande naïveté n’entraîne une perte de la civilisation à la manière de l’Empire romain en son temps.

Un court appendice souligne l’intérêt majeur en archéologie de la céramique qui s’avère une véritable mine d’or d’information.

2 commentaires

  • Armelle 3 juillet 2018 à15 h 15 min

    Hélas, nous savons les civilisations mortelles et la nôtre est déjà condamnée. Comme les Romains, nous sommes gagnés par un inquiétant désenchantement.

  • Paul-Emic 5 juillet 2018 à19 h 13 min

    ça nous rappelle étrangement notre époque

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